PREMIÈRE TRADUCTION EN VIETNAMIEN DE
1984 DE GEORGE ORWELL
(Underbahn, 2006)
EXTRAIT DE LA PRÉFACE EN FRANÇAIS
DE BERTRAND LATOUR,
"ET SI MARX N'AVAIT ÉTÉ QU'UN ENCULEUR DE MOUCHES ?" :

Contrairement aux USA, la France, elle, n’est pas en guerre,
mais la liberté d’expression y est quand même moribonde.
En cause, la mollesse et la malhonnêteté intellectuelles qui, depuis 1789,
perfusent la société française de la tête aux pieds. Prenez nos présentateurs
des journaux télévisés, si représentatifs : leur amasculie est à faire peur et leur
friponnerie à faire plus peur encore, tout ce joli monde se roulant avec un
confondant unanimisme dans la bauge post-soixante-huitarde vaguement
rock’n’rollisante où il sied de se rouler de Paris à Manhattan. J’ai
désespérément attendu, au cours des années 80, 90 ou 2000, que l’un d’eux
se levât pour dire une vérité, une, rien qu’une, qui enfreignît le canon
gauchiste "généreux, altruiste, humaniste" qui défilait sur leur prompteur.
J’attends toujours. C’est que, Mesdames et Messieurs les journalistes, il y a,
d’une part, une sérieuse différence entre avoir le micro et avoir raison
et il n’y a, d’autre part, rien de glorieux à s’acharner sur un homme à terre,
Jean-Marie Le Pen, sur lequel vos bonnes grosses certitudes se défoulent tous
les jours ou presque. Quel courage ! Quel courage d’interviewer Le Pen,
le fasciste, comme vous le faites alors que vous interviewez Besancenot,
le nazicommuniste, comme vous le faites ! Mesdames et Messieurs les
journalistes français, vous qui, depuis un quart de siècle, prenez tous plaisir à
piétiner du Le Pen du lever au coucher, en public ou en privé,
à pied, à cheval et en voiture, sachez le cependant :
la merde est un corps mou, on ne se grandit pas en montant dessus.
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